Exposition internationale
Afrique : entendus, sous-entendus et malentendus

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Que n’avons-nous pas entendu sur notre compte et que ne disons-nous pas sur nous-mêmes, nos coutumes et nos valeurs ?

Que ne disons-nous pas sur nos voisins proches et lointains qui du reste, nous le rendent bien ?

Dans le domaine social, qu’entendons- nous par exemple par : Hommes et femmes, Adultes et enfants, Aînés et cadets, Blancs et Noirs,
et que faisons-nous des métisses et de nos diasporas ? L’Afrique est-elle une ou plurielle ?

Quand nous disons, citoyen, patriote, rebelle, qu’entendons-nous et que sous-entendons-nous ? Un patriote peut-il être un rebelle ? Un rebelle peut-il être un patriote ? Que sous-entendent la prolifération des nouvelles églises et la montée de fondamentalismes musulmans en Afrique ? Que deviennent les religions dites traditionnelles africaines ?

Dans le domaine économique, qu’entendons-nous par développement et sous développement ? Ne sous-entendons-nous par exemple que les pays dits sous-développés le sont en tout point, y compris dans les domaines des arts et de la culture ? Est-ce juste de penser que plus les hommes sont riches, plus ils sont heureux ? Est-ce un malentendu, une erreur, ou tout simplement préférons-nous, à tort ou à raison, le malheur des nantis au bonheur des pauvres ? Pour des Africains, quelle est la pertinence des notions comme « secteur informel », travail des enfants ?

N’avons-nous pas confondu indépendance et libération, et ne confondons-nous pas démocratie et multipartisme, démocratie et élections, pouvoir et richesse, dictature et stabilité politique ? Les guerres et les conflits si nombreux en Afrique procèdent-ils de ce que les protagonistes se connaissent trop bien, ou relèvent-ils de malentendus qu’il suffirait de lever ? L’explication des guerres et conflits par des antagonismes ethniques et religieux relève-t-elle d’un malentendu ?

Dans le domaine des arts, du monde de l’art, qu’entendons-nous par « traditionnel et moderne », par « moderne et contemporain » et que sous-entendons-nous ? Quels sont les entendus du refus de l’appellation « d’artistes africains » par des artistes qui ne renient pas pour autant leur origine africaine ?

Les artistes ne sont pas invités à illustrer ces thèmes. Il suffira que, directement ou indirectement, l’œuvre proposée aborde l’une de ces questions.

Yacouba Konaté, Commissaire général de Dak’art 2006.
Photo : Axel Reuter


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